Déclaration CFDT - CSE Central du 8 Juillet 2025



 

Monsieur le Président,

Le Salon du Bourget s’est terminé il y a quelques semaines. C’est un moment apprécié des salariés, notamment de celles et ceux d’Ile de France qui ont plus facilement l’opportunité de s’y rendre. Ce moment est l’occasion pour eux et leurs familles de voir voler ce sur quoi ils travaillent tout au long de l’année.
Lors de ce salon vous avez fait plusieurs annonces.
Le projet Vortex est ainsi entré dans le lexique de chacun. Nous aimerions vous entendre sur l’état d’avancement de ce démonstrateur, ses caractéristiques techniques, mais aussi sur son contour industriel. Notamment si, un jour, une chaine de fabrication devait voir le jour.
Vous avez Ă©galement officialisĂ© un partenariat stratĂ©gique avec l’entreprise TATA. La CFDT comprends la nĂ©cessitĂ© de produire en partie sur le sol Indien mais s’inquiète que cela ne se fasse, Ă  terme, au dĂ©triment de nos usines Française. 
Les commandes Rafale export seront-elles toujours, Ă  terme, produites en France ? Qu’en sera-t-il des commandes export qui ne seront pas destinĂ©es aux forces Indiennes ? 
Enfin, ce partenariat et la prise de contrôle récente de Lauak par Wipro ne sont-ils pas annonciateurs d’une perte de compétences et de souveraineté française plus globale ?
Ce salon a Ă©tĂ© l’occasion pour vous de rappeler la vitalitĂ© et les compĂ©tences de l’entreprise. Notre sociĂ©tĂ© va bien. Vortex, Rafale F5, Drone, 10X sont autant de projet qui enthousiasme. La cadence 5 y a mĂŞme Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e. C’est une chance et une opportunitĂ©. 
Toutefois, pour être capable de mener de front tous ces programmes, il vous faudra compter sur des effectifs motivés, en bonne santé mentale et physique, formés de façon adéquate et disposant d’outils modernes en nombre suffisants.
La motivation est une des clefs du succès. 
Mais malgrĂ© les nombreux succès de ces dernières annĂ©es, l’entreprise peine Ă  crĂ©er une dynamique, un choc d’humeur. Elle peine Ă  mobiliser les forces et finalement Ă  donner du sens et de l’envie. 
Pour la CFDT il faut d’abord commencer par prendre l’habitude et le temps de fĂŞter nos rĂ©ussites. C’est nĂ©cessaire pour crĂ©er l’adhĂ©sion. 
Ensuite il faut revenir Ă  un niveau de sous-traitance acceptable. 
DiluĂ©s parmi les nombreux salariĂ©s des sociĂ©tĂ©s extĂ©rieures, la nature des rapports et des Ă©changes Ă©volue et in fine c’est l’identitĂ© Dassault, ce sentiment d’appartenance, qui s’étiole. 
cohésion et le sentiment d’appartenance est rendu difficile quand, comme à Cergy, plus de la moitié de personnes qui fréquentent l’usine ne sont pas salariés Dassault Aviation…
L’ascenseur social est lui aussi une source de motivation. 
Il permet une certaine hétérogénéité des profils, avec parfois d’anciens compagnons ou technicien aux postes d’encadrement. La CFDT estime que l’ascenseur social décline et, de fait, éloigne les décideurs des problématiques du terrain. Ce qui affecte la motivation des équipes.
Enfin, vous proposez parfois pour certaines strates de l’entreprise des sĂ©minaires qui permettent le renforcement de la cohĂ©sion. Envisagez-vous d’étendre cette pratique Ă  l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise comme cela se fait dans d’autres sociĂ©tĂ©s ? 
La santĂ© mentale et physique est un enjeu de premier ordre pour faire face aux dĂ©fis Ă  relever 
Aujourd’hui la pression des dĂ©lais est importante. On demande aux salariĂ©s de revenir aux performances connues, mais sans prendre en compte les rĂ©organisations successives qui ont eues lieu, sans mesurer l’efficacitĂ© de celles-ci et sans impliquer les opĂ©rationnels dans l’organisation de leur travail. 
Pour la CFDT les organisations sont trop verticales et n’impliquent pas suffisamment une nouvelle génération d’embauchés qui a soif de sens et de considération.
A l’image des rĂ©unions d’expressions qui n’ont jamais Ă©tĂ© prises au sĂ©rieux. Elles sont considĂ©rĂ©es comme une obligation, une contrainte, une perte de temps, alors mĂŞme qu’elles devraient servir de levier de performance. 
La montĂ©e en cadence et les challenges liĂ©s aux nouveaux programmes crĂ©ent Ă©galement du stress et affecte la santĂ© mentale. C’est tout Ă  fait normal. Mais cette pression doit ĂŞtre maitrisĂ©e et contenue. 
HĂ©las, ce n’est pas toujours le cas. Il arrive, mĂŞme aux plus haut niveaux de la hiĂ©rarchie, que cette pression, au lieu d’être contenue, soit rendue et amplifiĂ©e aux niveaux infĂ©rieures. GĂ©nĂ©rant stress, anxiĂ©tĂ©, burn out, dĂ©pression, … 
Le courrier d’une salariĂ©e dĂ©missionnaire a rĂ©cemment beaucoup circulĂ©. Sans le commenter, car nous n’en connaissons pas le fond en dĂ©tail, il a toutefois Ă©mu une partie des salariĂ©s qui se sont reconnus dans cette dĂ©tresse affichĂ©e. 
Par certains aspects, il illustre des méthodes de managements qu’il est nécessaire de revoir.
Enfin les salariĂ©s sont chaque jour abreuvĂ©s de nombre d’indicateurs sur lesquels ils n’ont pas toujours moyen d’agir alors mĂŞme que leurs problèmes quotidiens sont trop souvent ignorĂ©s. 
La prise en compte des irritants quotidiens et des suggestions d’organisation des salariés contribuerait à une meilleure santé mentale de tous et probablement à une amélioration des performances.
La formation est vitale pour apprendre et appliquer correctement les méthodes.
Dans le tertiaire, depuis plusieurs annĂ©es maintenant, les outils se multiplient (Sharepoint, Jira, Confluence et toutes sortes de KPI et Cockpits…). 
Pour s’approprier ces outils, les formations ont presque disparues au profit d’informations, envoyĂ©es par mail Ă  des salariĂ©s qui croulent dĂ©jĂ  sous leur nombre. 
Les supports pdf ne suffisent pas. Les formations suivies par des dizaines de salariĂ©s en mĂŞme temps sur Skype ne suffisent pas. 
L’absence de formation en salle rĂ©duit les Ă©changes entre les salariĂ©s autant que les possibilitĂ©s de comprendre le but recherchĂ©. 
Dans beaucoup de bureau c’est la compréhension et le sens même du travail qui s’érode à force de formations inadaptées et d’indicateurs toujours plus nombreux.
On dit que quand un indicateur devient un objectif, il cesse d’être pertinent. Pourtant les salariĂ©s sont rĂ©gulièrement challengĂ© sur des dizaines d’indicateurs. Cela n’a pas de sens et cela fait perdre le sens mĂŞme du travail. 
Enfin nous voulions vous parler d’un irritant plus spĂ©cifique aux ateliers, "le petit outillage". 
Vous investissez dans l’outil industriel. Nous ne le nions pas. Mais si de nouveaux moyens, de nouveaux bâtis, de nouveaux bâtiments voient le jour, en atelier, les salariĂ©s sont trop souvent confrontĂ©s au manque d'outils de tous les jours que sont les visseuses, perceuses, clefs Ă  cliquet, aspirateurs portable, pinces, … 
A l’heure oĂą vous cherchez Ă  revenir aux performances passĂ©es il est incomprĂ©hensible que vous acceptiez que les salariĂ©s attendent qu’un outil soit disponible pour pouvoir travailler. 
Il est incomprĂ©hensible qu’il faille se dĂ©placer plusieurs fois par jour pour aller chercher des outils plutĂ´t que de les mettre en nombre suffisant Ă  chaque poste de travail. 
C’est à la fois une perte de temps mais aussi une source d’énervement pour les salariés concernés.
Si vous cherchez à gagner du temps, sachez qu’un recensement et un investissement massif dans le petit outillage est là aussi un moyen de travailler de façon plus sereine et plus efficace.
M. Le Président, la motivation, la bonne santé mentale et physique, la formation et la mise à disposition des outils sont les clefs de nos succès futurs. La CFDT vous invite à les mettre au cœur de la stratégie de l’entreprise pour les mois à venir.

 

 


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